• Comment réagit la personne face à son handicap ?
La personne a perdu une partie de ses facultés et doit tout d’abord l’accepter. La personne est généralement frustrée car elle est impuissante face au problème qui lui arrive. Elle se sent démunit et peut facilement s’isoler et se mettre en retrait face à son entourage.
L’incompréhension de l’émergence de la déficience peut également provoquer des excès d’énervements et de tensions, néfastes pour son équilibre physique et psychologique.
Si la personne a une déficience auditive depuis longtemps, voir depuis la naissance, les risques sont différents car la personne s’est habituée et à mis en place des mécanismes et des adaptations (fonctionnement, mode de communication, etc.), afin d’aménager son mode de vie et continuer à vivre le mieux possible.
• Comment réagit t-elle face à la société ?
Il est possible de constater que le degré de déficience, l’association éventuelle à une autre déficience, la qualité des soins et de l’éducation peuvent avoir une forte influence sur l’importance du handicap, l’acquisition du langage et l’adaptation sociale ultérieure.
La personne se sent généralement perdue, car elle ne fonctionne plus dans le cadre qu’elle connaissait. Elle se voit comme une étrangère qui arrive dans un milieu qu’elle ne connaît pas et surtout qu’elle ne comprend pas. Elle n’a plus les moyens de comprendre les autres ou de se faire comprendre sans risque. Dès lors, l’attitude peut variée de l’isolement (ne plus être confronter à la mise en évidence du handicap) à l’exubérance (se mettre en évidence afin d’être vu plus pour son extravagance ou manque de sérieux que par rapport à sa pathologie).
• Comment gère t-elle le regard des autres ?
Jean-Paul Collard (*) énonce : « face au sourd, l’entendant est mal à l’aise et évite le dialogue. Face à l’entendant, le sourd est frustré : il n’est pas sûr de l’avoir bien compris, il s’imagine souvent qu’on se moque de lui… ».
La personne déficiente auditive peut donc percevoir des attitudes ou des aspects négatifs de la part des autres et se sentir mal à l’aise. Son comportement sera différent s’il perçoit de la moquerie ou au contraire de l’amabilité. Elle peut avoir peur d’être considérée comme une personne inhibée, déficiente mentale (car peut souvent demander de faire répéter ce qui a été dit), ou encore d’être jugée sur une apparence et non pour ce qu’elle est vraiment. Il est important de considérer la personne et non pas la déficience lorsque le dialogue s’instaure.
Le problème est que la personne sourde ou malentendante se situe dans un contexte différent des autres. Elle doit s’adapter aux contraintes de son milieu et gérer également celles du « monde » entendant. C’est pourquoi chacun doit y mettre du sien. Pour se comprendre et partager son vécu, chacun doit faire un pas vers l‘autre, comme deux personnes qui ne parlent pas la même langue.
• Comment gérer la communication avec les autres ?
Il est possible de constater que certaines personnes ont des stratégies spécifiques pour éviter d’être jugés comme des personnes bizarres. Certains adoptent un certains retrait ou d’isolement afin d’éviter de communiquer avec les autres. D’autres cherchent plus à monopoliser l’attention en parlant beaucoup, évitant ainsi d’écouter les autres et de ne pas tout comprendre.
Lorsque le trouble est acquis tardivement, le déni de la déficience peut entraîner un refus de communiquer et même des actes violent. La communication gestuelle et de l’attitude montre alors un réel mal-être de la personne, lié à un besoin de s’évader de sa déficience et du monde entendant qui lui rappel sa pathologie.
Par contre, chez les personnes ayant une surdité acquise précocement, l’apprentissage du langage oral et écrit devient difficile, de même que l’acquisition de connaissances générales et culturelles. Dès lors, des moyens pour palier à ce manque doivent être mis en place, sinon la communication sera impossible et l’isolement obligatoire. La personne serait alors dans une sorte de ‘‘prison’’ où elle ne peut plus sortir et reste seule, et où les gens qui l’entoure ne peuvent plus entrer en contact avec elle.