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• Les adaptations pédagogiques


- Réception du message oral : l’intervenant

• On doit le voir
La mimo-gestualité a un rôle très important dans la communication.
Des comportements qui ne posent pas de problème majeur dans d’autres situations de communication risquent dans ce cas de gêner, voire d’interrompre toute possibilité d’échange :
- Arpenter la salle et disparaître du champ de vision de la personne sourde
- Être caché derrière son bureau,
- Avoir un maintien trop raide,
- Être engoncé dans un grand manteau.

• On doit voir son visage
La mimique a un rôle essentiel dans la communication.
Certains comportements qui ne posent pas de problème majeur en situation habituelle de communication, peuvent dans ce cas présenter une gêne importante, voire interrompre la communication.
- un visage inexpressif
- une chevelure envahissante
- parler en écrivant au tableau
Il est donc souhaitable que l’intervenant soit visible, de face, et qu’il adopte une mimique expressive pour que la personne sourde puisse suivre son discours

• On doit voir ses yeux
Le regard a un rôle de prise de contact et de maintien de la communication.
Le regard, en outre, a un rôle désignant : quand l’intervenant regarde une carte, un appareil, etc., en suivant son regard la personne sait de quoi il parle (attention conjointe).
Certains comportements sont donc problématiques pour la personne sourde.
- les lunettes teintées ou qui brillent trop,
- éviter de rencontrer le regard de l’interlocuteur sourd.

• On doit pouvoir lire sur ses lèvres
Une bonne articulation est nécessaire. Tout ce qui peut la gêner va donc constituer une difficulté pour la réception du message par la personne sourde :
- parler avec la main devant la bouche
- une articulation imprécise  (lèvres molles, peu mobiles)
- la moustache
- la barbe
- le crayon ou la pipe à la bouche (et en plus c’est interdit !)

• Sa parole
Il doit parler naturellement.
- si son débit de parole est trop rapide, la personne sourde ne peut le suivre
- s’il parle trop lentement, son discours déformé perd de sa valeur informative et les autres personnes s’ennuient.

• Sa voix
Si la personne est sourde profond, elle n’entend pas.
Si elle a des restes auditifs et porte des prothèses, elle peut être gênée par une intensité trop forte.
En revanche, si l’intensité de la voix est trop faible, la personne ne peut l’entendre.
La voix est porteuse d’informations.
En particulier intonation, changement de registres de voix qui indique un changement de contexte de référence. Il faut penser à les expliquer, à donner des informations supplémentaires.


- Le langage adressé à la personne sourde
Il doit être naturel.
De même, tout terme nouveau doit être expliqué ou associé à un synonyme connu. Il sera perçu dans sa forme et fixé que s’il est écrit au tableau.


- La salle idéale
Elle est calme et bien éclairée.
Les bruits de fonds divers, sont très amplifiés par les prothèses auditives. Ils sont une perturbation pour la réception, la discrimination et la compréhension de la parole. Ils sont en conséquence, une cause de fatigue pour la personne sourde. Il ne faut donc pas être étonné si elle referme son appareil quand le niveau sonore est trop important, dans un atelier équipé de machines bruyantes, ou  au restaurant.
Il est nécessaire que la salle soit calme, peu sonore. Elle ne doit donc pas être située près d’un passage à grande circulation.
La salle idéale a son sol couvert de moquette, ses cloisons sont étudiées afin qu’il n’y ait pas de réverbération acoustique, d’écho.
De plus pour limiter la perte d’information, il est souhaitable que cette salle soit bien éclairée et dispose d’un grand tableau, bien visible, qui ne luise pas, afin que la personne sourde puisse bénéficier sans difficulté des cours écrits.


- La place idéale
Ni trop près, ni trop loin, ni trop isolée ; celle d’où l’on peut tout voir.
Au deuxième rang
         - pour voir le tableau en entier,
         - pour voir l’intervenant intégralement et bénéficier de l‘ensemble du message gestuel,
         - pour voir les réactions de la personne du premier rang ; elle se retourne : signe que quelqu’un entre dans la salle ou qu’une personne du fond a pris la parole, etc.
         pour être près, sans être gêné si la voix est trop forte dans le cas d’une personne malentendante appareillée
Entre deux collègues
         pour bénéficier de leur aide éventuelle,
         pour recevoir un maximum d’informations
Dos à la lumière
         l’exercice de la lecture labiale nécessite une excellente visibilité et donc, de ne pas être gêné par le contre jour,
         pour profiter au maximum de ce qui est écrit au tableau sans être gêné par les reflets éventuels.


- La réception du message écrit
Il est souhaitable que la personne sourde ait un maximum d’informations visuelles. Illustrations, croquis, écrit pour remplacer, compléter tout ce qu’elle ne peut recevoir auditivement. Il faut donc s ‘assurer qu’elle est placée de façon privilégiée pour lire ce qui est écrit au tableau. Cependant, si une bonne visibilité est une condition de réception du message, elle n’est pas une assurance d’une bonne compréhension.


- La compréhension du message oral et écrit
Il se peut que la personne sourde ait compris, mais encore :
         - qu’elle croit avoir compris ou n’ait compris que partiellement,
         - qu’elle n’ait pas compris mais soit fatigué ou gêné de ralentir le cours.
 
Dans le doute, l’intervenant doit rechercher si :
         - la personne sourde n’a pas “entendu”, saisie le mot, la consigne, l’explication,
         - la personne sourde ne connaît pas le sens d’un terme ou ignore le concept auquel il renvoie

 Comment fonctionner vis-à-vis des différentes disciplines ?

Toute situation de transmission d’information basée sur l’audition doit être aménagée.


- L’intervenant oral
Certaines personnes sourdes ne peuvent intégrer qu’environ 1/3 du message oral : il faut penser à écrire autant que possible au tableau :
         - pour compléter les informations données, les structurer,
         - pour lever les ambiguïtés (les 36 phénomènes de la langue française correspondent à seulement 12 images labiales. Il y a donc de très nombreux “sosies” labiaux, par exemple : menton, badaud, bateau, bandeau, manteau…)


- L’exposé ou l’interrogation orale d’une autre personne sourde
Pour que la personne sourde puisse suivre cet échange, la personne sourde interrogée et l’intervenant doivent être placés face à la salle, et donc à la personne sourde.


- Le débat
La personne sourde ne peut suivre les échanges et y participer si elle ne voit pas la personne.
Dans une telle situation, il est préférable de l’installer au bureau, afin qu’elle bénéficie de l’ensemble des échanges.


- La lecture suivie
La personne sourde ne peut suivre dans le même temps la lecture sur les lèvres de la personne qui lit et le texte écrit. Il est souhaitable qu’elle lise avec une personne qui indique la ligne du doigt et lui signale les questions éventuelles.


- La prise de notes
Pour la même raison, la prise de notes est très problématique. La personne sourde doit disposer d’un polycopié ou recopier les notes d’une personne placée à côté d’elle.
Les documents sonores, disques, enregistrements magnétiques
La personne sourde doit pouvoir disposer d’une transcription ou d’une explication de ces documents .


- Les documents sonores, disques, enregistrements magnétiques
La personne sourde doit pouvoir disposer d’une transcription ou d’une explication de ces documents.


- Le cours oral à partir de l’étude de documents
Que ces documents soient exposés au tableau ou à la disposition des personnes sourdes, celles-ci ne peuvent dans le même temps les consulter et lire sur les lèvres de l’intervenant les commentaires ou l ‘explication donnée. Il est donc conseillé de respecter une alternance de temps entre l’étude de ces documents par la personne sourde et les explications orales.


- Les sorties
Le problème est celui de la difficulté à transmettre les consignes en raison de l’éloignement. Il est donc judicieux de donner au préalable le maximum d’explications et de consignes à la personne sourde et d’en confier la responsabilité à un groupe de collègues ou de lui demander de rester à proximité selon le cas.


- Projection de diapositives
Dans le noir la personne sourde ne peut bénéficier du commentaire oral. Pour lui permettre de suivre sur les lèvres, l’intervenant doit penser à éclairer son visage, de manière satisfaisante quand il donne des explications.


- Projection de film
Lorsque cela est possible, il est préférable de choisir un film sous-titré.
Dans le cas contraire, la personne sourde doit recevoir un maximum d’informations pour pouvoir comprendre.


- Travaux pratiques
L’intervenant est souvent peu visible de la personne sourde installée à son poste de travail. Il faut penser à se placer dans son champ de vision pour donner les explications essentielles.


Les inter-relations dans la salle
Les relations personne sourde et personne entendante
Certaines personnes sont désignées ou prennent d’elles-mêmes la responsabilité de répétiteur, d’interprète (fonction parfois problématique).
Il est donc salutaire d’établir un roulement :
- quand la personne répétitrice perd elle-même des informations et ne peut plus suivre le cours,
- quand la personne traductrice ne peux plus participer aux échanges pour elle-même.

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