• Qu’entend-on par malentendant ?
L’absence de perception d’un de ces paramètres ou la perception déformée de celui-ci conduit à une mauvaise intégration du message et donc à des confusions.
La perte auditive atteignant certaines zones de fréquence plus que d’autres, il est logique de voir un malentendant entendre le message et ne pas comprendre.
Par exemple, dans le cas d’une perte auditive plus marquée sur les fréquences aiguës (zone des consonnes) avec des graves très bien conservés, le malentendant va percevoir le signal, savoir qu’un message oral est émis, mais être incapable d’analyser ce dernier. Un peu comme s’il écoutait une langue étrangère. Cette déformation est liée à l’existence de distorsions qui accompagnent toute déficience auditive de perception.
Ce sont les distorsions qui expliquent la difficulté pour un malentendant de percevoir clairement.
C’est le rôle de la prothèse auditive de permettre une amélioration de la qualité du message émis, non seulement en permettant, par l’amplification procurée, de percevoir le message, mais également de modifier le signal de façon à ce que la distorsion ait le retentissement le plus faible possible.
De même, la fréquence joue un rôle primordial et le fait que la surdité soit en général différente en fonction de la fréquence conduit à une non perception et analyse de certains phonèmes (=élément sonore distinctif du langage articulé) alors que d’autres seront parfaitement intégrés. Par exemple, dans le cas d’une surdité sélective des fréquences aiguës avec conservation des fréquences graves, la personne non appareillée sera parfaitement capable d’analyser les voyelles (zone de reconnaissance dans les graves) alors que les consonnes ne seront pas du tout perçues.
Essayez de lire un texte où toutes les consonnes seront retirées et vous comprendrez mieux la difficulté rencontrée par un déficient auditif non appareillé dans la compréhension d’un message oral. C’est d’ailleurs ce qui explique qu’un malentendant entend, mais ne comprend pas toujours le message exprimé.
Heureusement, l’appareillage auditif permet une récupération partielle rendant possible une compréhension. Mais il existe toujours une perte résiduelle qui rend les acquisitions difficiles et qui entraîne l’obligation d’une rééducation dans le cadre d’une prise en charge spécifique.
Plus les sons sont proches et plus les confusions sont nombreuses.
Il est possible de citer comme exemple la confusion souvent retrouvée entre le P (consonne explosive sourde) et le B (consonne explosive sonore). La différenciation entre ces deux phonèmes ne se fait que par l’existence et donc la perception d’un signal grave qui accompagne l’explosion dans le B alors qu’il existe un silence dans l’émission du P. Si la personne est atteinte d’une déficience auditive ou d’une non-possibilité d’analyser les graves, la confusion est obligatoire si la personne est hors contexte.
Cette confusion est d’autant plus courante que l’aide apportée par la lecture labiale est ici inefficace puisque le mouvement des lèvres est identique pour ces deux phonèmes et que la perception du signal grave de différenciation est obligatoire pour lever le doute. La prothèse auditive en permettant la perception du signal grave différenciant rend possible l’analyse.
Communiquer : la lecture labiale
La lecture labiale permet de percevoir moins de 30 % de l’information parlée. Le français utilise 36 sons qui correspondent seulement à 12 images labiales. Cela signifie qu'il y a de nombreux risques de confondre des “sosies labiaux” : exemple, “ il mange des frites ” et “ il marche très vite ”.
En effet, le son R est invisible sur les lèvres et les sons T et O, V et F sont identiques.
Pour faire face à cette difficulté, une méthode a été développée d'abord aux Etats-Unis, puis adaptée en France depuis une vingtaine d'année : le Langage Parlé Complété (LPC). Le principe consiste à associer à chaque son prononcé (phonème), un geste de la main placée près du visage. Cinq positions de la main par rapport au visage permettent de coder les voyelles, auxquelles on associe huit positions des doigts pour coder les consonnes.
Communiquer : la langue des signes
Il y a au moins autant de langues des signes que de langues orales. En France, la langue des signes Française (LSF) a été interdite durant un siècle dans les écoles de jeunes sourds. Il a fallu attendre le début des années 90 pour que la loi reconnaisse “la liberté de choix entre une communication bilingue langue des signes et français _ et une communication orale” (Article 33 de la Loi du 18 janvier 1991).
Il existe des interprètes de LSF, comme de LPC, dont la formation et la certification exigent une position de neutralité et le secret professionnel.
La LSF, comme toute langue, a une grammaire et un vocabulaire particuliers répondant à une logique propre aux contraintes visuelles d’une langue gestuelle.
Comme toute langue, la LSF s’apprend en suivant des cours.
Actuellement, plus de 80 % des établissements spécialisés, déclarent mettre en œuvre une pédagogie bilingue. Cependant, les projets linguistiques sont très diversifiés. Ils évoluent au fur et à mesure de la formation des professionnels, de la mise en place de recherche plus avancées en linguistique de la LSF, et de la création d’outils pédagogiques adaptés.
Communiquer : choix de la langue
La gestualité
Elle est présente dès les premières communications des enfants entendant ou sourds. Le message mimo-gestuel est le support essentiel d’une communication défaillante. Il s’agit donc pour le locuteur entendant, préoccupé de bien articuler, de ne pas perdre sa spontanéité gestuelle.
La dactylologie
Il s’agit de l’alphabet réalisé manuellement. La dactylologie a donc pour référence la langue écrite et non la langue parlée. Elle s’utilise aussi bien en complément du langage gestuel pour épeler les noms propres, les mots nouveaux ou techniques.
Le français signé
Il ne s’agit ni d’une langue, ni d’une technique, mais d’une pratique de communication.
En français signé, les modalités orale et gestuelle sont utilisées simultanément.