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carré Ce qui caractérise le handicap psychique pour comprendre le vécu de la personne

De l’ensemble des difficultés vécues dans leur vie quotidienne par les personnes souffrant de troubles psychiques, malgré la diversité de l’expression de ces troubles et la variété de leurs causes, il est des constantes qui caractérisent le handicap psychique.

Stigmatisation, méconnaissance, crainte

La méconnaissance des caractéristiques de ce handicap provoque presque obligatoirement des réactions d’incompréhension qui favorisent incontestablement la stigmatisation et la crainte.

La stigmatisation des maladies mentales est liée à la forme inquiétante et déroutante, des symptômes mais aussi à leur cause supposée.

Les causes génétiques, ou biologiques, supposées ou démontrées, rendent les symptômes plus acceptables, même si, dans les faits, ils ont des conséquences du même ordre que ceux dont on ne connaît pas la genèse.

Souffrance de la personne

Le trouble psychique blesse la personne au plus profond d elle-même, dans sa pensée, sa mémoire, son estime de soi, son rapport au monde et sa communication avec les autres…

La souffrance qui en résulte est d’autant plus terrible qu’il est difficile pour la personne, et pour son entourage, d’en comprendre la nature psychique.

Une non demande de soin de la part d’une personne qui souffre manifestement de troubles psychiques ne saurait être interprétée comme une attitude déterminée de refus de soin car elle fait partie intégrante du trouble psychique. Ce n’est pas un refus de soin, c’est une non compréhension du trouble et de sa nature par la personne à ce moment là et dans ce contexte là.

La personne qui souffre de troubles psychiques court avant tout un danger pour elle-même : en raison d’idée de mort et de suicide, mais aussi du fait de l’indifférence de la personne pour sa propre vie, ou du sentiment de dévalorisation, des troubles de l’alimentation ou du sommeil, de la dégradation de l’état physique. Elle se met fréquemment en danger socialement, par exemple par une soudaine démission au travail, ou des dépenses inconsidérées…

Fragilité, vulnérabilité

Toute  situation aggravant les difficultés de l’existence, pour une personne qui doit réaliser un grand effort sur elle-même et sa souffrance pour « être au monde », peut provoquer une rechute.

La vulnérabilité s’entend aussi à l’égard des maltraitances et manipulations dont elles peuvent d’autant plus facilement être victimes que les difficultés relationnelles et la perte d’estime de soi les rend dépendantes d’autrui.

Isolement, rupture du lien social

L’apragmatisme (c’est-à-dire l’incapacité à décider et à agir, pouvant entraîner l’inactivité et le confinement chez soi), l’enfermement dans le délire, le repli autistique, la dépression, les troubles de la communication aboutissent généralement à l’isolement de la personne.

Variabilité, imprévisibilité

Le contraste entre les potentialités de la personne (son niveau de qualification avant sa maladie, éventuellement), et son activité réelle, son apragmatisme, sa fatigabilité ou sa lenteur, déconcertent les personnes non averties, les employeurs, notamment, de telle façon qu’elles peuvent être amenées à un jugement très négatif sur la bonne volonté de la personne handicapée par des troubles psychiques…

Les changements brusques d’attitude, les variations de rythme d’activité selon les moments de la journée et selon les jours, qui semblent imprévisibles, sont également très déconcertants, et perturbateurs pour les activités sociales et professionnelles.

Durabilité, évolutivité

Les troubles psychiques résultant de processus pathologiques au long cours, par définition, s’inscrivent dans la durée, mais généralement avec des variations importantes dans le temps. Le parcours des personnes est souvent jalonné de phases de rémission des troubles et de phases de soins plus intensifs, comme dans la plupart des maladies chroniques.

Poids des traitements

Les médicaments permettent la sédation des troubles. Cependant leurs effets secondaires restent souvent importants et gênants dans la vie quotidienne : raideur et tremblements, somnolence…

Des hospitalisations répétées, plus ou moins espacées, plus ou moins longues sont parfois inévitables : il faut les considérer aussi comme facteur de handicap (risque de stigmatisation, d’exclusion sociale ou même familiale, problèmes matériels liés à la retenue de l’AAH après un temps d’hospitalisation…)

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