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• Les symptômes

Les symptômes nous donnent des indications sur l’état de souffrance de la personne.

Il s’agit  d’observer ou de repérer ce qui chez la personne relève d’un fonctionnement qui apparaît en décalage avec des éléments naturels d’hygiène de vie, ou de comportements et d’ajustements relationnels sociaux habituels.

C’est dans le cadre du récit de l’organisation des journées qu’une vigilance particulière doit être accordée à certains signaux comme :

 La gestion des temps de sommeil : une hypersomnie ou son contraire l’insomnie, sont souvent le signe d’une problématique psychologique ou psychique qui émerge ou réémerge.

 La gestion des conduites alimentaires. La manière dont la personne gère son hygiène alimentaire, équilibre son fonctionnement personnel autour des prises de repas, y compris le plaisir ou le déplaisir que la personne y perçoit elle-même, peuvent donner des indications précieuses sur l’état du fonctionnement mental de la personne.

 La gestion des conduites vestimentaires . La façon dont la personne porte un soin aigu ou au contraire manifeste un « laisser-aller » certain dans ses comportements vestimentaires, sont des indicateurs potentiels de son état de souffrance. Notons aussi le décalage des conduites vestimentaires soit vis-à-vis du contexte relationnel, soit vis-à-vis du climat saisonnier.

 L’examen des conduites cognitives, comme la capacité à maintenir son attention ou non, la persistance des processus mnésiques, ainsi que les capacités à transposer dans un univers de réalité les processus intellectuels, sont également autant d’indices sur la performance ou la difficulté du fonctionnement psychique d’une personne.

Plus particulièrement, et de façon non exhaustive, peuvent s’observer des comportements et des signes évocateurs d’une souffrance psychique. Ces signes doivent alerter l’attention s’ils apparaissent excessifs, répétitifs, chroniques. Ce sont :

 Des troubles de la perception des réalités. La personne est en difficulté dans la perception de son entourage. Elle ne peut toujours y donner du sens, ni accéder à des processus d’anticipation adaptés.

 Des décalages importants en ce qui concerne des manifestations comportementales et leur connexion avec des éléments du contexte environnemental. La personne donne parfois, un sentiment d’étrangeté.

 Des difficultés à développer des processus d’introspection. La personne est en difficulté pour s’envisager comme acteur dans la relation aux autres. La personne ne peut tirer profit ni véritable enseignement de ses expériences passées. Les effets d’apprentissage sont dès lors très diminués.

 Une tendance aux surestimations des capacités sociales et professionnelles. Ceci amène la personne à formuler des projets professionnels irréalistes ou infaisables dans un contexte de surévaluation des aptitudes et compétences.

 Des comportements compulsifs, qui conduisent à des actions inadaptées, voire très décalées par rapport au contexte existant.

 Des hyper kinesthésies. La personne ne peut tenir en place, et se trouve très vite en grande difficulté lorsqu’on lui propose un travail ou des actions qui vont mobiliser une plus grande attention.

 Des « rythmes de vie » qui sont souvent excessifs. Ceci concerne l’hyper agitation maniaque où les processus de pensées sont très fréquemment absents. La personne ne se trouve plus en capacité de hiérarchiser ses propres actions. Elle devient extrêmement réactive à son entourage sans qu’elle soit en réelle capacité de prise de distance et de recul vis à vis des évènements, des situations ou des relations avec autrui.

 Des sentiments de persécutions. La personne évoque son sentiment d’être constamment observée. Ainsi chaque mot, chaque geste, chaque regard vont alors être interprétés comme autant de signes inquiétants pour elle-même.

 Des manifestations de replis massifs et non discriminés, des processus relationnels. La locution est très limitée, (ce qui n’empêche par ailleurs et pour d’autres une très grande logorrhée). Ceci vient mettre en évidence un retrait important vis-à-vis du monde environnant. Ici, quasi mutisme ou logorrhée poursuivent d’une certaine manière le même objectif. IL en est de même pour les processus de sidération. La personne reste immobile, le regard fixe et intense sur un objet ou une personne. C’est parfois le cas dans un travail qui demande à la personne une prise de décision ou une interprétation vis à vis d’une information.

 Des impossibilités à asseoir de façon construite et argumentée une décision , avec à ce niveau de grandes manifestations d’ambivalence.

 Une mise à distance des affects et leur banalisation. Cet élément peut être mis en lien avec des processus de dépersonnalisation
(sentiment de ne plus être dans son corps, de ne plus ressentir les choses dans le vécu de l’instant). Les événements pourront alors avoir tendance à être rationalisés. Chaque chose aura son explication construite, rationnelle comme pour mieux la maîtriser et la maintenir à distance.


Le symptôme doit se comprendre dans une dynamique relationnelle et psychologique.

Il n’y a pas de stricte correspondance entre un symptôme, une interprétation et une psychopathologie.

De plus un symptôme est individualisé. Il ne désigne pas obligatoirement la même chose pour deux personnes différentes, il prendra sens dans le vécu de chacune d’entre elles.

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